Rejeté par 22 villages MAIS heureux de leur parler de Jésus!

Les documents officiels émanant de 22 villages laotiens différents sont étalés sur la table. Écrits à la main, ils disent : « Nous ne voulons pas de vous ici parce que vous êtes chrétien. »

Lum*, mon interprète, lit les lettres une par une, ses doigts suivant l’écriture manuscrite. Page après page, les rejets s’accumulent :

*Nom changé pour raisons de sécurité

« Cette lettre-ci vient de Chompei… celle-là de Dom San… Celle-là de Tom Chai Lei… Meng… Toutes disent : Nous ne pouvons pas vous permettre de vivre avec nous parce que vous êtes chrétien ou d’une autre religion. »

En moins de cinq minutes, le parcours de ce jeune homme de 22 ans en face de moi, marqué par le rejet pendant toute une année, est mis en évidence.

Nung montre à Portes Ouvertes tous ses documents de rejet des villages où il a fait une demande.
Lum, l’interprète, lit le message de la lettre à haute voix :  » Nous ne voulons pas de vous ici parce que vous êtes chrétien. « 

AVERTI À CINQ REPRISES

J’ai rencontré Nung un dimanche matin humide de juillet. Exactement un an auparavant, lui et sa famille ont été chassés de leur maison, ont perdu leurs terres agricoles et tout ce pour quoi ils avaient travaillé parce qu’ils avaient refusé de renier Jésus.

Nung a rencontré Jésus après avoir été guéri :  » Quand je suis tombé malade, je me sentais très mal. Je suis allé à l’église où l’on a prié pour moi et Dieu m’a guéri. Tout le monde dans ma famille a vu que j’étais guéri par Dieu et ont eux aussi commencé à croire en Jésus.  »

Tout excité, il ne pouvait pas garder ce salut qu’il venait de découvrir pour lui-même. Il alla de village en village, proclamant la Bonne Nouvelle. Il nous a dit :  » Beaucoup ont commencé à aller à l’église. Les leaders et la police du village nous ont dit de ne pas partager l’Évangile, et que si beaucoup devenaient chrétiens, ils nous chasseraient du village. Ils nous ont avertis cinq fois.  »

Nung dit que sa famille a été convoquée au bureau du village. La police, les chefs religieux et les villageois les y attendaient et leur dirent :  » Si vous croyez en Jésus, quittez le village.  »

 » Ils nous ont dit qu’ile ne voulaient pas nous parler et que nous devrions payer 30 000 kip (4 USD) à chacun pour les avoir fait perdre leur temps. Ils étaient environ 60 personnes.  »

Nung et ses parents furent mis devant un ultimatum :  » Ils nous ont donné trois options. La première était de partir si nous choisissions d’être chrétiens. La deuxième, si nous voulions rester, de revenir à la religion H’mong, et troisièrement, si nous ne choisissions pas, ils nous jetteraient en prison.  »

Nung tint bon et fut jeté derrière les barreaux, laissant ses parents malades livrés à eux-mêmes.

“Tu dois arrêter de croire en Jésus.”
Dans l’obscurité de sa cellule, Nung rêva qu’il voyait Jésus; il le dit à un autre croyant, mais quelqu’un d’autre l’entendit.

 » Mon ami et moi avons été conduits vers les gardes. Ils nous ont demandé de leur raconter ce rêve que j’avais eu et nous ont demandé si nous croyions vraiment que Jésus allait venir nous aider. Savez-vous que cette religion est venue de l’Ouest? Ce n’est pas ce que nous croyons! Pourquoi croyez-vous en Jésus? Il faut que cela cesse!  »

Espérant obtenir la libération de Nung, son père écrivit des lettres de demande pour être accueillis dans un ou l’autre de plusieurs villages. Aucun ne répondit favorablement, mais les autorités ont quand même libéré Nung. Il était libre, mais il n’avait plus où aller; il fit donc une demande en personne à 22 villages. Ces documents étaient là étalés sur la table à café, tous tamponnés et signifiant un refus.

Une paix qui surpasse toute intelligence
La pluie continuait de tomber à verse alors que nous étions dans notre chambre d’hôtel. Nung avait amené des photos de sa famille et les parcourait, pour s’arrêter sur celle de son père dont le visage était couvert de rides. Il murmura quelque chose à Lum qui secoua la tête.

 » Il a dit que son père est mort il y a deux mois après avoir été emprisonné, traduisit Lum. La police lui a demandé de l’argent et un cochon pour les funérailles. Ils allaient offrir le cochon à leurs dieux. Il était contre cela et n’avait pas l’argent.  »

« J’étais effondré, dit Nung, mais seulement quelques temps. J’étais triste d’avoir tout perdu. Nous avions perdu notre ferme et nos biens, mais je suis fier et heureux d’être allé vers ces 22 villages et d’avoir ainsi eu l’occasion de leur dire que je crois en Jésus. Et bien qu’ils aient refusé, j’ai la paix dans mon cœur parce qu’ils ont entendu parler de Jésus. »